À la recherche du narval
Un projet du dessinateur naturaliste Pierre Baumgart
Pierre Baumgart est un artiste naturaliste suisse confirmé, héritier de la technique de gravure sur bois transmise par Robert Hainard. Il est également président de la fondation qui porte son nom. Actuellement, il prépare une exposition pour la réouverture du Musée d’Histoire Naturelle de Genève (prévue à l’automne 2026), ainsi qu’un ouvrage sur les oiseaux, en collaboration avec l’hebdomadaire suisse « Terre & Nature ».
« Je passe beaucoup de temps sur le terrain. Au gré des saisons, je rôde en quête de mes sujets, muni d’une paire de jumelles, de crayons et d’un carnet de croquis. C’est moins le hasard que le temps investi, les connaissances acquises et la patience qui permettent l’observation et le dessin de la faune sauvage.
Les longues marches, les affûts répétés et les nuits en plein air ne sont qu’un faible prix à payer pour que se dévoile, petit à petit, un monde souvent proche et combien mystérieux. »
Véritable projet personnel, la recherche du narval est envisagé depuis plusieurs années, mais divers événements ont retardé l’expédition : la crise sanitaire liée au Covid, la guerre en Ukraine, etc. Il s’agit d’une collaboration franco-suisse, portée par la volonté commune de valoriser le projet de part et d’autre de la frontière.

Le narval (Monodon monoceros) est un cétacé du Haut-Arctique, parfaitement adapté à des conditions environnementales extrêmes. Présent à la frange de la banquise, il est difficile à observer car discret, et assez rare. Si l’on connait un peu sa répartition et ses couloirs de migration, de grands pans de son écologie restent encore inconnus.
Le narval est un symbole de l’Arctique. Au confluent des thématiques animalière, culturelle et économique de la région, ce petit cétacé a longtemps fait vivre les populations autochtones et fantasmer les Occidentaux qui ont pris sa longue dent pour une corne de l’animal légendaire qu’est la licorne.
Aujourd’hui, le narval est un autre symbole : celui d’un Arctique en pleine mutation sous l’effet de l’activité humaine.
C’est ce symbole-là, moins réjouissant, que je me suis mis en tête de raconter sous forme de récit de voyage, d’une quête illustrée par mes dessins.
Avec l’association Noctiloca, j’embarquerai en 2026 le long de la côte ouest du Groenland, entre la Baie de Disko et Resolute Bay (Canada), les régions les plus propices du globe pour tenter d’étudier cet animal dont la discrétion a participé à la légende


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